Zénith de Paris

Mardi 11 septembre 2007

ELTON : ROCK-ET-MAN !

 

Par Christophe Letellier

Les années passant, les fans français d ‘Elton John prennent des petites habitudes dont il devient difficile de se passer comme celle de se retrouver au moins une fois par an pour faire la fête avec leur idole.

Les années passant, ces mêmes fans pensent qu’il faut en profiter car les occasions de le voir sur scène s’amenuisent naturellement. A 60 ans, après plus de 40 ans de carrière, et malgré que, pour citer une comédie cinématographique franchouillarde, »papy fait de la résistance », il faut se rendre à l’évidence, ses apparitions sur le sol français risquent de se faire de plus en plus rares.

Il n’est pas rancunier ( plutôt pécunier ! ) notre Elton ! Il s’est visiblement remis de l’échec de l’annulation de la représentation du Red Piano à Versailles qui devait avoir lieu le 29 mai dernier. En fait, partie remise puisqu’à la fin du concert, des flyers éparparpillés sur le sol, nous révèlent que celle-ci est (re)programmée  à Bercy pour le 9 décembre 2008 ( cette fois-ci par le producteur français habituel : Gérard Drouot ; gage de sérieux ?) !

Certaines mauvaises langues, au vu de la rapidité à laquelle la date du zénith est tombée peu après cette annulation, pourront toujours dire qu’il fallait qu’il trouve un moyen de compenser cette perte de profits. Peu importe, le plaisir de le voir jouer à nouveau l’emporte !

Non, il n’est pas rancunier pour deux sous !!!  Même s’il est boudé médiatiquement et radiophoniquement par la France depuis de nombreuses années maintenant, il continue de nous  remercier chaleureusement à la fin de ses prestations, pour tout l’amour que le public lui donne !   

Il aura fallu quasi 15 mois d’attente ( le dernier concert français remontait au 14 juin 2006 à Grenoble ) mais cette fois çà y est, le moment est venu de communier à nouveau avec lui.

11 septembre 2001, une date qui marqua de manière indélébile les esprits du monde entier ; 11 septembre 2007, cette date allait-elle marquer à nouveau nos esprits ( ou plus exactement nos oreilles) de supporters ? La réponse dans quelques lignes !!!

Ce jour du 11 septembre 2007 s’annonce sous les meilleurs auspices. Le soleil, qui a fait cruellement défaut durant les mois estivaux mais qui depuis une quinzaine de jours semble avoir retrouvé le chemin de notre territoire, est présent. La température est agréable mais parfois, une petite brise vient nous rappeler que nous nous rapprochons de l’automne.

Ma petite habitude personnelle est d’arriver assez tôt sur les lieux du concert pour m’imprégner au maximum de cette ambiance si particulière et si excitante qui le précède. Pour l’occasion, un ami d’enfance qui avait découvert Elton en solo à Nîmes en 2003 ( il fût gâté, lire par ailleurs mon compte-rendu de l’époque !) et qui souhaitait maintenant le découvrir avec son groupe, m’accompagnait.

La salle du Zénith où doit se dérouler la représentation de ce soir est située dans le 19 ème arrondissement de Paris, Avenue Jean Jaurès, dans le quartier de La Villette. En fait, si elle est facilement repérable depuis le périphérique de Paris, il en est autrement lorsque l’on est sur la dite avenue. Le jalonnement vertical en petits caractères ne facilite pas la vie du pauvre petit provincial peu habitué à la Capitale que je suis !

Le Zénith est donc situé à l’extrémité d’une longue allée ( l’allée du zénith !), dans un parc de verdure attrayant ( tranchant avec le bitume du périphérique), encadré par les fameuses Halles de La Villette, le conservatoire de musique de Paris. Non loin de là se trouve également la Cité de la Science.

Il est aux environs de 17 h 30 lorsque nous parvenons devant le Zénith. Devant toute cette couleur rouge qui orne le bâtiment et ses infrastructures, comment ne pas voir un clin d’œil au fameux piano rouge !

          

A l’extérieur, à cette heure ( le concert est prévu dans deux heures et demi ), très peu d’activité perceptible et fait plus étonnant encore, la place est quasi déserte ! Si, en poussant un peu plus loin mes investigations, je n’avais pas aperçu à l’arrière, les fameux semi-remorques de couleur marron, j’aurais pu m’imaginer que ma poisse légendaire m’avait encore joué un sale tour et que le concert, pour quelque raison que j’ignore à cet instant, avait été annulé ! Ouf ! il n’en est rien ! Je peux donc repartir tranquille en quête d’une restauration rapide !

 Le concert est en places numérotées. Si on a maintes fois vanté les mérites des fosses pour l’ambiance des concerts, il faut avouer que la numérotation apporte un certain confort ( un confort que de nombreux spectateurs indélicats abusent en arrivant à la dernière minute ou pis encore, longtemps après que la représentation ait débutée ! ). Nous avons du temps devant nous !

Au sortir du métro de l’Avenue Jean Jaurès, un jeune homme distribue ses exemplaires d’un quotidien gratuit sur lequel prône sur toute la première page, une photo d’Elton dans un costume Versace rose fushia ( en feuilletant celles de l’article à l’intérieur, on prend rapidement conscience que la banque d’image est à mettre à jour ! ). La biographie rédigée  est juste ; visiblement le journaliste a bien travaillé son sujet !

Vers 19 h 00, après une dîner rapide dans un « restaurant » grec, nous reprenons la direction du Zénith.

Cette fois, un flot calme et continu de spectateurs inonde la fameuse allée et converge vers un même point ! Pas d’hystérie, le public qui vient voir Elton a passé l’âge de ce genre de comportement ! Tout ceci se fait dans le calme ; un calme qui sied parfaitement à l’environnement adjacent. Seul résonne continuellement, le bruit des percussions d’un groupe de jeunes gens d’origine africaine venus se retrouver ! De-ci delà, quelques fans veulent immortaliser cet instant solennel sur la carte mémoire de leur appareil photo.

Le temps pour mon ami de fumer une dernière cigarette et nous nous dirigeons vers les entrées. Là encore, cela se passe dans le calme et la sérénité. Une fouille sommaire du haut du corps par deux employées de la gente féminine et nous voici franchi le premier rideau de sécurité. Quelques mètres plus loin, un second rideau, que nous franchissons aussi rapidement et tranquillement que le précédent. Nous voici dans l’enceinte du Zénith de Paris que, pour ma part ( ose-je l’avouer ? ), je découvre pour la première fois !

Sur les côtés de la grande allée circulaire menant aux différents blocs de places, le marchandising bat son plein. Rien de bien nouveau ; des tee-shirts ( on a le choix entre celui à l’effigie de l’album THE CAPTAIN AND THE KID ou celui à l’effigie de l’ultime compilation), des programmes et autres babioles ; je ne m’attarde pas. Je préfère réserver mes deniers à l’achat du dvd collector qui doit sortir à la fin du mois ( le 24 septembre pour être précis ).

Nous pénétrons dans la salle du concert. De par la configuration de la salle, la couleur des sièges ( rouges vous l’aurez deviné ! ), j’ai curieusement l’impression de me retrouver dans un ″ petit Bercy ״. La profondeur ( et par conséquent la capacité) est cependant réduite de moitié.

M’étant décidé très tard à réserver mes places pour ce concert ( optant finalement pour des places en 3ème catégorie à … 78 € tout de même !), et ne sachant pas si le plan de la salle fourni par le site de réservation allait être fidèle à la réalité, j’avais émis quelques incertitudes quant à notre bon placement vis à vis de la scène. Là, en découvrant nos sièges, ce fut une très agréable surprise. Nous étions au 2ème rang, coté gradins, sur le côté gauche de la scène, dans un angle rêvé pour voir les petits doigts boudinés d’Elton se déchaîner sur le clavier (ce dernier baignait dans une douce lumière violette). 3m maximums nous séparaient du parterre dont les places étaient à … 155 € ! Je n’en revenais pas !

19 h 45, la salle se remplit petit à petit. Le temps de passer quelques petits sms pour «  tuer le temps » et il est bientôt 20 h 00, heure à laquelle est fixé le début du concert. De là où nous sommes, nous pouvons apercevoir une certaine agitation dans le coin droit de la scène ( invisible pour la majeure partie du public) . Cela ne saurait tarder. L’ingénieur du son vérifie une dernière fois le son du piano ( il aurait dû pousser sa vérification comme on le verra dans quelques instants !)

Malheureusement pour le staff technique, la salle n’est pas encore comble à cette heure précise. Il faut décaler. Pas très longtemps ; ceci n’étant pas dans les habitudes de la maison !

Il est aux environs de 20 h 05 lorsque les feux de la salle s’éteignent, provoquant comme à chaque fois, une clameur de satisfecit de la part du public !

Dans la pénombre, les musiciens d’Elton font leur apparition ; laissant un vide de quelques secondes, le temps de prendre leurs marques.

Enfin, un souffle de vent se fait entendre dans toute la salle ; celui de l’intro de Funeral For a Friend. Un souffle qui me procure toujours un sentiment de soulagement et d’excitation maximale. Elton va faire son apparition dans quelques instants, la tension est à son maximum, sans qu’il puisse en être autrement !

Lorsqu’il apparaît enfin ( ses quelques secondes paraissent durer une éternité ! ), il est ovationné par la salle toute entière. Il est vêtu de sa classique tenue de scène  sombre, chemise ample en soie bleue et lunettes teintées bleues. Il salue sobrement le public en ouvrant les bras en croix ; croix scintillante qu’il porte également autour de son cou.

Les premières notes au piano sont là encore un moment d’intense émotion dont on se délecte.

Ce concert va être celui des petits incidents. Le premier survient très rapidement, au moment où Elton doit changer de rythme après le solo de Davey Johnstone à la guitare.

Curieusement, à cet instant, certaines notes restent dans le piano, sans amplification. Cela se répète une seconde fois quelques instants plus tard lors de la reprise du thème musical. Connaissant le caractère d’Elton, cela dût l’agacer quelque peu ; lui qui veut que tout soit parfait lorsqu’il monte sur scène. Mais, en grand professionnel qu’il est, et de par l’expérience de ses 40 ans de carrière, il ne se trouva pas le moins du monde déstabilisé par cet incident, poursuivant comme si rien n’était arrivé. Heureusement pour lui ( et pour nous ! ), tout rentra dans l’ordre très rapidement.

C’est un Elton survolté, ne tenant pas en place, qui débute le concert ! Dès la fin de Funeral For A Friend / Love Lies Bleeding, il monte sur son siège, le pied gauche posé délicatement sur le piano. En fait, il s’agit d’une chorégraphie bien huilée pour annoncer le titre suivant : The Bitch Is Back.

                                

Le rythme ne faiblit pas. Elton, toujours la bougeotte s’assoit maintenant sur le dessus du piano, invectivant des mains le public ! Sur le final, il nous gratifie d’une attaque puissante ! On se dit déjà que le concert est lancé sur une voie rapide . C’est loin d’être fini !

Après quelques mots en français à son auditoire du jour ( dont un ironique «  J’espère que vous aimez mes chansons » auquel toute l’assistance répond en chœur d’un énergique OUI !), il annonce que le prochain titre se nomme HERCULES, un très vieux titre.

C’est toujours un bonheur lorsque l’on entend un titre rarement joué sur scène ces dernières années. On le prend comme un cadeau. Magnifique titre très enjoué.

 Pas de répit au niveau du rythme puisque, autre cadeau avec Madman Across The Water. Une nouvelle fois, excellente interprétation avec un Elton en verve sur la fin. J’adore la façon dont se termine ce morceau. Le rythme soutenu, avec des attaques brèves et franches comme autant de coups de poings musicaux, diminue progressivement avant de s’éteindre totalement. Sublime !

Peut-on dire que l’on revient à quelque chose de plus classique avec le titre suivant : Tiny Dancer ? Cela nous permet ( à lui aussi certainement), de reprendre un peu notre respiration.

A la fin de ce titre, Elton, dont on commence à pressentir à sa voix quelque peu cassée, qu’il n’est pas au top de ce côté là aujourd’hui, s’exprime cette fois en anglais. Il fait un petit speech pour révéler le bonheur, les satisfactions que lui ont apporté le football ( et plus particulièrement  un fameux club de foot anglais !). Il dédie la prochaine chanson à un grand entraîneur de football français ( qui s’occupa du grand club anglais de Liverpool si je ne m’abuse ! ), présent dans la salle ce soir : Monsieur Gérard HOUILLER. Ce titre sera Daniel. Quel rapport avec le football et Gérard Houiller ?

Après cette petite pose ballade ( il n’y en aura pas beaucoup au final !), Elton s’attaque à un de ses monuments musicaux : Rocket Man.

On a déjà tant dit sur les improvisations ébouriffantes du maître sur ce morceau que l’on finirait par devenir blasé ; l’exceptionnel ( il réussit encore ce soir une interprétation à tomber ! ) devenant commun !

Le public parisien, que l’on a souvent trouvé apathique à Bercy, est cette fois, différent. Depuis le début du concert, il ne cesse de manifester son enthousiasme à la fin de chaque morceau en multipliant les standing ovations ! Là, sur Rocket Man, on le surprend à battre des mains. Le courant passe magnifiquement!

Le show ne baisse toujours pas d’intensité car Elton enchaîne sur un non moins célèbre morceau : Honky Cat, toujours aussi tonitruant !

Inévitable en France ; le morceau suivant est, vous l’aurez deviné : Sacrifice. C’est précisément sur ce titre, que l’on prend conscience de ses difficultés vocales ( problème avec sa voix depuis le concert du Red Piano à Londres la semaine passée, me précisera Marie-Christine, une des plus ferventes admiratrices d’Elton). Sur certains passages, cela s’avère même catastrophique, avec une extinction complète de la voix. Elton est obligé de forcer sur ses cordes vocales afin que çà passe mais de ce fait, par moment, la voix devient criante, nasillarde et non plus chantée.

J’ai à cet instant, un petit doute pour la suite du concert. Pourra-t-il assurer jusqu’au bout sans se faire mal ? Rassurons-nous tout de suite, çà va passer ! Pourtant, au vu de ce qui suit, il ne va pas s’économiser !

Malheureusement, c’est I Guess That What They Call It The Blues qui suit ! Comment en arriver à écrire des mots si durs ? Tout simplement, un peu ras le bol de l’entendre à chaque concert ( Your Song aussi d’ailleurs allez-vous penser à juste titre mais c’est une institution et elle ne génère pas ce sentiment de lassitude ! ). J’ai l’impression, qu’il se sent obligé de l’interpréter pour faire plaisir à Davey Johnstone, qui a co-écrit ce titre avec lui !

Retour d’un titre qu’Elton jouait souvent en solo au début des années 2000 : Burn Down The Mission. Encore un morceau ancien, solide, puissant où il donne la pleine mesure de son talent.

C’est dans ses moments là, où sont juxtaposés des titres de la première moitié des années 70 et ceux qu’il produisit par la suite, que la différence de style et de contenu musical saute aux yeux. Il n’y a plus, après the gold years, la même densité, même si les morceaux "tiennent la route".

A la fin de ce titre qu’Elton présente ses musiciens. Un discours bien rodé puisqu’il est, à peu près, toujours le même depuis des années ; Il se permettra une petite fantaisie, sous la forme de quelques notes guillerettes, lors de la présentation de Nigel Olson.

Le morceau qui débute la seconde partie de ce concert est un titre de l’album The Captain and The Kid : The Bridge .Il faudra bien le savourer car, disons-le tout de suite, ce sera le seul titre du dernier album joué ce soir !

Là, il faut bien l’avouer, c’est une grande déception. Cet opus comporte tant de bons titres que le réduire de la sorte est une hérésie mon cher Elton ! Très belle interprétation, limite sensuelle avec des chœurs qui s’envolent dans a salle ! Bien trop bref. Le public écoute religieusement !

Dans la lignée émotionnelle, s’en suit un grand classique avec Sorry Seems To Be The Hardest Word qui soulève, une nouvelle fois, la clameur du public. Toujours touchant !

Comme souvent, le morceau suivant aurait dû être Candle In The Wind. Il est remplacé par Circle Of Life du Roi Lion. Comment peut-il ne pas interpréter, à Paris, Candle in The Wind ? Si, rappelons-le, le titre originel est dédié à Marylin Monroe, dans le cœur de tous, il est désormais associé à la Princesse Diana. Elton a beau s’en défendre, il l’a involontairement détourné ! Il se devait de jouer ce titre ici, plus que partout ailleurs, dans cette ville où la princesse perdit la vie un soir du mois d’août 1997. Etant donné que la date de ce triste anniversaire n’était pas encore très éloignée, cela semblait incontournable. Il en a décidé autrement, à notre grand regret !

Circle of Life est interprété en piano solo ( l’occasion pour les musiciens d’aller se détendre quelques instants !). Auparavant, il rappelle au public que ce film a changé sa vie et il dédie ce titre à l’occasion de l’ouverture prochaine de la comédie musicale au théâtre Mogador. Petit coup de pub gratuit au passage !

Dès le début de Bennie and The Jets, une vague de fans, qui n’attendaient que le signal, déferle aux abords de la scène. Les spectateurs des premiers rangs sont obligés de se lever de leurs sièges pour voir la suite du concert !

 Ce dernier, comme à chaque fois, prend encore une autre dimension. Les gens se mettent à danser devant la scène ou dans les rangées ! Cela fait plaisir de voir combien la musique peut rendre les gens heureux !

La suite est un feu d’artifice musical !

Philadelphia Freedom, classique puis, retour d’un titre qu’il n’avait plus rejoué ( en dehors de cette tournée bien sûr ! ) depuis The Big Picture Tour : Something About The Way You Look Tonight! Même si ce n’est pas un de mes morceaux favoris, il faut avouer qu’il est agréable de le réentendre !

Petit plus par rapport au concert donné à Vevey, en Suisse, trois jours plus tôt, le retour d’Are You Ready For Love. Un titre entraînant qu’Elton exécute maintenant à chaque concert en France ( comme Sacrifice ! )

                                    

Le festival se poursuit avec Sad Song ( Say so much ). Un titre qu’il me semble qu’Elton chante sur un tempo plus lent que celui de sa sortie. Il y a, vers la fin, un sympathique petit solo au piano bien sympathique!

Grande ferveur sur le titre suivant I’m Still Standing. Un classique, même si depuis, je préfère de loin, la version piano solo ! Le public est aux anges !

Une petite surprise nous attend sur le morceau suivant.

La fin de la set list étant assez traditionnelle, on est en droit de s’attendre à Crocodile Rock.

Au son des premières notes, c’est effectivement ce titre qu’Elton s’apprête à jouer.

Mais, contre toute attente, il nous surprend en bifurquant vers La Marseillaise !

Rappelez-vous, il nous avait déjà fait le coup, dans les arènes de Nîmes en 2003, au moment d’entamer Take Me To The Pilot ! A l’époque, nous étions le 13 juillet, c’était quelque peu normal, mais là, ce soir, il nous a bien surpris ! En quel honneur ? Pour la coupe du monde de rugby ? C’est çà que l’on aime chez lui, ses effets de surprise qui peuvent survenir à tout instant !

Il revient par la suite sur une interprétation traditionnelle de Crocodile Rock, en faisant chanter le public qui tient bien les « la la la la la « ; ce qui a pour conséquence de rendre hilare John Mahon dans son coin ! ( ce dernier d’ailleurs, multipliera les facéties en fin de concert, lançant ses instruments en l’air, s’avançant vers le public, etc…).

Pour clôturer, c’est un puissant Saturday Night’s Alright For Fighting qui fait suite. De nouveau, on sent Elton pousser sa voix pour suivre ! S’il n’a plus la tenue de Donald Duck de Central Park de 1980, il en avait la tonalité !!!

Elton, comme à l’accoutumée, s'éclipse en coulisses, pour en revenir quelques minutes plus tard, pour le rappel.

Curieusement, certains spectateurs ne devaient pas connaître le timing de l’artiste ( ou bien étaient-ils tout simplement rassasiés ?) car ils quittèrent la salle prématurément ! Dommage pour eux !

            Depuis quelques concerts, Elton n’enfile plus ses célèbres survêtements boudinant et reste en tenue de scène pour aborder une longue séance de dédicaces, balayant la scène dans toute sa largeur.

Devant le nombre de demandes, on le voit parfois souffler ! Il serra chaleureusement les mains de deux enfants montés sur le dos de leurs papas. Sympa !

            Il est amusant de constater que, si Elton ne porte plus de survêtement, ses musiciens eux, en ont profité pour se changer et arborer des tenues beaucoup plus décontractées. La palme est décernée à Bob Birch, le bassiste, revenu sur scène en short blanc !!! Çà me rappelle un certain concert de Barcelone en 1992 où Elton était revenu dans un accoutrement similaire !

Après de longues minutes de dédicaces, Elton se remet au piano pour entamer le final avec tout d’abord le classique Don’t let The Sun Go Down On Me et l’incontournable Your Song pour clôturer définitivement la représentation !

Auparavant, il y va de son petit speech de remerciement : «  Merci Paris, toujours fantastique. Merci pour tout cet Amor !!! »

Les dernières notes de Your Song achevées, il se tourne vers le public pour un ultime salut chaleureux ! Visiblement, il est épuisé, il a tout donné ce soir ! Il ne regagne pas, cette fois, les coulisses à vive allure !

A peine disparu dans les méandres des coulisses, l’heure du bilan est arrivée.

 

Pour être franc, je n’étais pas très enthousiaste à venir à ce concert. Sans atteindre le nombre faramineux des fois où certains fans sont venus le voir jouer ( en France et à l’étranger ), je pensais sincèrement que j’en avais peut-être fait le tour. Le prix des places pratiqué me rebutait également.

Et puis, la passion a repris le dessus. Je me suis souvenu de tous les excellents moments qu’il nous a donné ces dernières années et plus on approchait de ce fameux 11 septembre 2007, plus je sentais que je n’avais pas le droit de le lâcher à mon tour ! J’avais envie de vibrer à nouveau et je savais qu’il avait encore de quoi nous surprendre !

Alors, tardivement, fin juillet, j’ai pris mes places ! Bien m’en a pris !

Comme je le soulignais en début de reportage, est-ce qu’Elton, en ce jour du 11 septembre 2007, allait marquer nos esprits comme le 11 septembre 2001 avait marqué le monde ? Dans un certain sens OUI, à sa manière et dans un autre genre !

Lui, que les médias musicaux ont tendance à qualifier maintenant de chanteur à ballades sirupeuses démodées, alla ce soir-là, à contre-courant de ces idées reçues en produisant un concert étonnement Rock and Roll ! Les murs ont longtemps vibré, tremblé sous les coups des sons puissants du piano, des basses et batterie.

Elton ne semble pas altéré par le poids des ans. A 60 ans, il est encore bien vaillant et énergique le bougre.

Comment, après 40 années de carrière, des milliers de concerts donnés à travers le monde, peut-on encore avoir l’envie et la faculté de se donner à fond chaque soir comme si c’était le premier soir et qu’il avait encore tout à prouver ?

Peu importe ses frasques, il mérite la reconnaissance du milieu pour tout ce qu’il donne, pour la passion qu’il voue à la musique.

Puisse ce feu t’animer encore longtemps cher Elton car nous, on ne s’en lassera jamais !

 

                                                                                                                                                                          Christophe Letellier.

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        La Set List du concert

 

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