PALAIS DES SPORTS DE GRENOBLE

DIMANCHE 27 SEPTEMBRE 2009

UN ELTON A COOPER LE SOUFFLE

Il y a des rêves que l’on fait mais qui resteront à jamais des rêves et il y a des rêves qui finissent un jour, peut-être poussés par un désir puissant du subconscient, par devenir réalité.Voir Elton avec son célèbre percussionniste Ray COOPER en était un.

Rappelons, pour la petite histoire que tous deux, furent les premiers artistes occidentaux à donner, à la fin des années 70, des concerts en U.R.S.S durant la Guerre Froide. Leur dernière tournée ensemble remontait à 1994, après celle mythique donnée en 1979 en U.R.S.S (To Russia with Elton John). Quinze longues années entre les deux. Un rapide calcul, la prochaine tournée devait être donc en … 2009 ! Cependant, l’âge avançant, la maladie de Raynaud dont est atteint Ray Cooper (trouble chronique de la circulation du sang dans les extrémités survenant de façon périodique, en cas d’exposition au froid et entrainant une perte de la sensibilité ; très gênant pour un musicien) depuis quelques années, rendaient cette reformation plus qu’improbable !

Quel ne fût pas notre bonheur, en découvrant au printemps dernier, l’annonce de quelques dates, qui plus est sur notre cher territoire français !

Mais, pour les raisons évoquées plus haut, comment, dans le même temps, ne pas craindre que le spectacle ne soit pas au rendez-vous. Lorsque vous vivez sur certains rêves, le risque est grand de subir une cruelle désillusion. Moi, comme beaucoup d’autres fans certainement,  n’en n'attendions nous pas trop de cette tournée ? Ray Cooper pourrait-il enchaîner plusieurs dates à la suite sans être rattrapé par sa maladie ? Seuls les premiers concerts pourraient lever ces interrogations. De nombreux facteurs m’ont poussé à choisir la date grenobloise. Habitant en Normandie, il m’était certes plus aisé de choisir une date à Nantes ou Paris. Le prix prohibitif du concert parisien au Palais des Congrès vis-à-vis de ceux donnés en province (189 € contre 120 € pour les meilleures places), résolut tout de suite le problème de la Capitale. Alors, pourquoi pas Nantes ? Tout d’abord, à l’époque où le calendrier de la tournée est sorti, Londres n’avait pas été ajouté et donc Nantes représentait la première date. Si bien sûr, la première (comme la dernière) est toujours un évènement, elle n’en comporte pas moins son lot d’imperfections par manque de rodage (qui plus est là, même si tous deux sont de grands professionnels, cela faisait tout de même quinze ans sans jouer ensemble !).

Grenoble était la date charnière, apparemment la plus sure. Mais, pour être totalement honnête, la joie de revoir des amis fans qui me sont chers, ne désirant pas monter à Paris, fut le facteur déterminant de ma décision. Au fil des ans, des liens forts se sont tissés entre fans et le plaisir de se revoir est tout aussi intense que le concert en lui-même. Et puis, je restais sur une bonne impression de mon premier concert grenoblois en juin 2006 (avec le groupe, voir mon compte-rendu de l’époque !) alors la balance (mon signe astrologique !) pencha rapidement pour cette date du 27 septembre 2009.

Le dimanche se présenta sous les meilleurs auspices. Le ciel était d’un bleu limpide, dépourvu de tout nuage et les premières impressions glanées sur le Net sur les concerts de Nantes et Metz-Amnéville nous ont rassurés. La set-list, découverte quelques jours plus tôt, dont certains ont préféré ignorer afin de mieux profiter de l’effet de surprise (saluons là leur courage pour avoir résisté malgré les nombreuses tentations et sollicitations des uns et des autres !), nous ravit et nous laisse entrevoir une apothéose musicale.

Il est prévu quasiment trois heures de représentation ; découpées en deux parties d’environ une heure et demi-chacune : la première Elton évoluera en piano solo ; Ray Cooper le rejoignant pour la seconde. Le schéma est ce point identique aux tournées précédentes (et fait aussi peut-être les affaires de Ray, qui peinerait certainement à faire le show trois heures durant). Trois heures : du pur bonheur pour certains ; un calvaire peut-être pour d’autres dont Elton n’est pas spécialement la tasse de thé (je pense à notre ami Mike, venu par amour pour sa compagne Madyson, fan comme nous, qui a dû subir tout notre enthousiasme, nos taquineries durant le week-end. Il a même dû revêtir un tee-shirt du Red Piano gentiment prêté par mon ami Lolo !)

Pour reprendre à mon compte les propos d’un dinosaure de la télévision publique française (néanmoins sympathique !) : «  Mike, si tu me lis… au nom de tous les fans… Pardon ! ». A notre arrivée, il est vrai assez tardive vers 18 h 00 (le concert étant initialement prévu à 19 h 00 ), mais non problématique car nous détenons des places numérotées en catégorie or, la première chose qui nous frappe est la magnifique affiche géante qui orne la façade du Palais des Sports de Grenoble. Un rapide cliché s’impose !

Nous procèdons à un rapide tour de l’enceinte pour jauger de l’état de la fouille aux diverses entrées. Le port de gants blancs par certains membres de la sécurité, laisse présager une fouille systématique pour ne pas laisser entrer de matériel photographique, enregistreurs audio et vidéo dans la salle de concert. Après une hésitation de courte durée, mon ami Lolo décide de dissimuler son appareil photo numérique compact dans un endroit où il espère que l’intimité sera respectée ! Le passage devant le premier rideau se fait donc, non sans une certaine appréhension. Mais, contrairement à ce qu’il était possible de penser, point de fouille au corps ; tout juste une demande d’ouverture des sacs ou autre petites pochettes de transport ! Ouf ! Néanmoins, il restait encore le deuxième rideau à l’entrée de la salle. Nous le franchîmes avec la même aisance ! Comme en 2006, la dominance de couleur (tapis, sièges) est le rouge (pour faire plaisir à Elton ?).

Au bout de la longue ligne droite du couloir qui débouche sur la salle, un vendeur de programmes nous accoste. En découvrant le somptueux tee-shirt que porte notre ami Brigitte pour l’occasion (un tee-shirt orné en son centre d’un beau portrait souriant de Guy Babylon, le keybordiste du band d’Elton décédé trop tôt quelques semaines auparavant !) celui-ci ne peut s’empêcher de lui glisser un sympathique «  He was a very nice guy !» ( c’était vraiment un chic type !). Brigitte, émue le remercia et profita de l’occasion pour faire savoir qu’elle connaissait bien John Higgins, l’auteur des articles du programme !

Après de somptueuses emplettes (il faut penser aux amis-fans qui n’ont pû se rendre à Grenoble !), nous gagnâmes nos places. Conformément à ce que nous pensions, nous sommes bien placés, au troisième rang légèrement à gauche du centre du bloc B, le bloc qui fait face au centre de la scène. Nous ne verrons pas Elton jouer mais ils sont finalement bien peu nombreux à obtenir la place idéale (dans l’axe d’Elton) alors ne soyons pas trop exigeants ; je suis sur que bien des spectateurs nous envieraient ! Et puis, les écrans de part et d’autres se chargeront de nous montrer ce que nous ne pourrons voir !

C’est toujours un grand moment lorsque je rentre dans la salle et que je découvre le piano qui sied là dans cette atmosphère si feutrée, si calme avant la déferlante des accords. Des faisceaux de lumière bleue et mauve-violet, de faible intensité, viennent éclairer l’ensemble de la scène. Au fond, dans un plan surélevé, trône l’imposante armada des percussions de Ray Cooper (congas, xylophone, cymbales, etc…), s’étalant sur toute la largeur de la scène. Devant cette dernière, c’est un balais incessant de fans qui se retrouvent, posent devant le piano mythique (je n’y résisterai pas moi-même, une fois le concert achevé !). La foule arrive à flux modéré continu. Devant, au premier rang, on devine un pare-terre de personnalités invitées pour l’occasion. Contrairement aux spectacles qui ont eu lieu à Nantes et Metz-Amnéville, il ne semble pas, cette fois-ci, y avoir de rang 0, rajouté par le staff d’Elton pour satisfaire la vision de ce dernier lorsqu’il joue.

A partir de 19 h, les spectateurs commençèrent à manifester, à plusieurs reprises, leur impatience. Contrairement à son habitude, Elton prit du retard dans son arrivée sur scène (laissant craindre pour la set-list car nous savons que, nous sommes dimanche, les horaires de fermeture des aéroports sont très strictes et qu’il ne sera pas en retard quoi qu’il arrive !). Il est presque 19 h 15 lorsque celle-ci intervient. Les feux de la salle s’éteignent et quasiment aussitôt, sans aucune musique d’accompagnement, Elton arrive sur scène ! Il nous prend un peu au dépourvu l’artiste !

Un Elton vêtu très sobrement mais très sombre. Si ce n’est quelques inscriptions en lettres rouges sur les flancs (sur le gauche : ELTON JOHN ; sur le droit : STARDUST KISS « Baiser de vie en rose ») et des chaussures au dessus blanc, il est entièrement en noir. Même le dos de sa tunique est nu. Faut-il y déceler l’opposition entre la vie souhaitée et la vie actuelle plus sombre. Et puis, c’est peut-être sa façon à lui de porter le deuil de Guy Babylon. Les lunettes sont à verres opaques violettes. Après quelques signes de salut à son public, il s’installe à son piano et débute ainsi son fabuleux récital en solo.

Premier titre, de circonstance : The One. Le son est clair, pas trop poussé (du moins, c’est le sentiment que nous avons de nos sièges. Il est vrai que, placés juste au centre, nous bénéficions du meilleur son. Rappelons aussi que, comme pour tous les concerts de la tournée, il y a un enregistrement du concert qui permettra de récupérer ce dernier aussitôt terminé, après une inscription préalable auprès du site qui gère l’opération (cf Concert Live Website). Le package comporte trois cds audios mais seuls les deux premiers sont disponibles ; le troisième se fait par téléchargement direct sur le site via un code délivré sur le disque 3. Alors le son est peut-être davantage soigné !

Après un bref «  Bonsoir. Ce soir des chansons nouvelles et des modernes mais je commence avec des chansons de l’album Elton John », il enchaîne avec le second titre et la première bonne surprise : Sixty Years On. Très beau en solo avec une petite variance funèbre au milieu. On applaudit ! S’en suit un classique de la tournée solo d’Elton : The Greatest Discovery. Le ton est toujours mélancolique. Ce titre, très beau mais très triste au niveau mélodique, prend d'avantage de résonance après le décès de Guy (bien que ce titre soit dédié initialement à Bernie Taupin). Puis c’est Border Song, un autre classique solo. Elton annonce, cette fois en anglais, Ballad Of The Boy in Red Shoes. C’est assez fidèle à la version album. Il me semble déceler une première défaillance avec Elton qui répète une phrase dans le refrain.

La chanson suivante (qu’il annonce faisant partie également de l’album Songs From The West Coast, il ne la chante pas habituellement sauf pour cette tournée) à savoir The Emperor’s New Clothes va se révéler très poignante. En effet, assez rapidement, on le sent submergé par l’émotion, la voix vacille sur « the tears never come », il tourne la tête de droite à gauche comme pour signaler qu’il ne peut pas ! Vraiment, on le sent à la limite de s’écrouler en sanglots. Cependant, il se reprend et parviendra à terminer le morceau dans de bonnes conditions. Très beau morceau, le pont au piano est excellent, supérieur à mon avis à la version studio. Ce titre restera un moment fort (sinon, le moment fort ) de ce concert par l’émotion dégagée.

On enchaîne avec un classique : Rocket Man, toujours réussi dans ses improvisations mais dont on finit par trouver cela commun tant l’exercice est rodé ! Le fan devient de plus en plus exigeant ! Puis, c’est un titre de Peachtree Road : The Weight of the World. Une chanson très autobiographique, que l’on découvre pour la première fois en solo. Magnifique ! American Triangle, qu’il introduit par quelques mots, toujours en anglais, poursuit les bonnes surprises. Il nous en avait fait la primeur (alors que SFTWC était en cours de composition) lors du concert de l’Olympia, à Paris, en novembre 2000. Pour moi, c’est en solo qu’elle prend toute sa puissance. Encore une chanson triste, aux paroles dramatiques ! Particularité sur cette chanson : Elton marque un mini temps d’arrêt entre les phrases.

Ensuite, le prochain titre, il l’annonce comme le premier qui lui fit comprendre ce qu’était un bon titre : Skyline Pigeon, extrait de son tout premier album Empty Sky. Un morceau qui fut longtemps le privilège de la tournée solo américaine. Toujours très beau ! Première petite déception avec le titre suivant. Alors que nous nous attendions à entendre House de l’album Made in England, c’est Nikita qui le remplaça. Nikita est certes un titre très agréable à entendre mais à choisir entre les deux, j’aurais préféré (et je suis sur de ne pas être le seul !) qu’il interprète House. Cette déception est le risque encouru lorsque l’on connait la set list à l’avance ! Nous avions le mince espoir qu’il l’intègre en remplacement d’une autre chanson « classique » mais ce ne sera pas le cas malheureusement.

C’est Tiny Dancer qui succède. Rien de bien nouveau sur ce titre qui semble, lui aussi, devenir un incontournable que l’on doit « supporter » à chaque concert ! Retour ensuite à l’album Songs From The West Coast avec Original Sin. Très belle mélodie mais qui se prête moins (c’est mon humble avis !) à une interprétation en solo. Il manque quelque chose pour le transcender. Autre mauvaise surprise, Blues Never Fade Away, du dernier album en date The Captain And The Kid, passe tout bonnement à la trappe ! Un titre qu’il avait dédié à Guy Babylon lors des précédents concerts. Brigitte qui porte son tee-shirt hommage (Elton le remarqua à la fin du titre précédent car nous constatâmes qu’il marqua un temps d’arrêt dans sa direction) se sent un peu responsable. Rassure-toi Brigitte, je ne pense pas que tu en sois la cause. Il faut certainement y voir là la nécessité de gagner du temps afin d’être à l’heure pour reprendre son jet privé. Malheureusement, c’est tombé sur ce titre. Vraiment dommage car ç’est réellement un des plus beaux titres de l’album et nous nous réjouissions à l’avance de pouvoir l’entendre !

La partie solo du concert s’achève avec l’incontournable Your Song où Elton, incroyable, marquera une certaine hésitation. Comment pourrait-il en oublier les paroles n’est-ce pas après tant d’années à l’interpréter. Il fut visiblement perturbé par un dysfonctionnement du prompteur car il fit un signe discret de la main pour que le technicien vienne y remédier. Ce dernier se contenta de le redresser. Après s’être retourné une nouvelle fois pour remercier son auditoire, il entama les premières notes de Funeral For a Friend (prenant, vu les circonstances, une saveur particulière). Titre archi-connu, incontournable de ses concerts avec le groupe, mais la première fois que nous l’entendons dans sa version « acoustique » piano solo. Encore plus magnifique ! C’est au moment du changement de rythme de la mélodie que Ray Cooper, surgit des profondeurs de la scène, fait (enfin?) son apparition, sous les acclamations du public ; costume sombre, chemise blanche et petites lunettes rondes noires teintées. Les percussions résonnent d’un son puissant dans tout le palais des sports, donnant Immédiatement au concert un autre rythme, une autre dimension.

La richesse des sonorités (le son de cloches par exemple) est flagrante sur Tonight. Il s’agit là de l’enchaînement identique à celui de la tournée 1979. Par la richesse et la finesse des sonorités, il est aisé de se rendre compte que tout synthétiseur, aussi performant soit-il, n’égalera la qualité des sons des instruments dédiés. Sans entrer dans la polémique, c’est aussi un peu ce que je reproche souvent au son délivré par le piano midi d’Elton. Il n’a pas la même douceur de rendu que le Steinway des années 70. Trop métallique, même pour une oreille non avertie comme la mienne ! Fin de la parenthèse !

Better of Dead de l’album Captain Fantastic and the Brown Dirt Cowboy magnifique de puissance ! Retour à un titre intimiste avec Come Down In Time. Là encore, la finesse des sonorités apportées par Ray Cooper amène un plus indéniable. Levon. Belle intro et belle conclusion comme à l’accoutumée. Attention, chef d’œuvre avec le titre suivant, toujours de l’album Madman Across The Water : Indian Sunset. Tout y est : belle mélodie douce, changements de rythme incessants. Un ravissement pour les oreilles ! Comme beaucoup d’autres fans, je ne l’ai jamais entendu sur scène alors la surprise n’en est que meilleure !

I Think I’m Gonna Kill Myself m’amuse toujours par son rythme. Ray se déchaïne au xylophone, Elton au piano.

 

Deux incontournables avec Daniel et Sorry Seems To Be The Hardest Word. Que dire de plus ? Autre grand classique, avec des improvisations (toujours très attendues) sur l’ intro et la conclusion qui ont fait la réputation du Maître : Take Me To The Pilot. Je fais peut-être la fine bouche mais je ne pense pas qu’il sortit ce soir là, sa meilleure version. Il y en a de si exceptionnelles par ailleurs ! Carla Etude (qu’il ne peut coupler avec Tonight comme c’est le cas lors des tournées en piano solo classiques) est toujours aussi belle et m’émeut une nouvelle fois. J’ai une pensée alors pour Guy qui doit entendre, toutes ces belles notes monter vers les cieux comme une offrande. L’enchaînement se fait avec Blessed de Made in England. Lorsque l’on sait que ce titre est dédié à l’enfant qu’Elton a toujours désiré avoir, comment ne pas y voir le rapprochement avec ce qu’il s’est passé il y a seulement quelques jours : l’adoption avortée du petit garçon ukrainien ? Nul doute qu’Elton doit y puiser là encore des ressources pour l’interpréter sur scène.

C’est à la fin de ce titre que mon ami Laurent, poussé par le désir de déclencher le rush qui ne vient pas d’un public décidemment bien apathique, bondit de son fauteuil pour se ruer vers l’avant de la scène. Sans lui, il semble certain que tout le monde serait resté sagement à sa place. En une fraction de seconde, une centaine de fans inconditionnels en folie se retrouvèrent devant la scène. N’ayant pas quitté Laurent, je me retrouve idéalement placé, situé dans l’axe d’Elton et de son piano. Les places sont chères et, conscient de mon privilège, même affaibli par des problèmes physique, il n’est pas question que je bouge d’un iota ! La chaleur monte, pas seulement à cause des interprétations toniques d’Elton ! On en oublie vite l’inconfortabilité de la position pour savourer Don’t Let The Sun Go Down On Me mais surtout Honky Cat (retrouvant, sur la fin, le jeu délirant de Ray Cooper : mélange de sons festifs, de petits canards et de je ne sais quoi d’autres !) et Crazy Water.

 

Elton disparait quelques instants dans les coulisses, pour revenir (dans la même tenue) et effectuer une assez brève séance d’autographes. J’ai le bonheur qu’il me signe ma pochette du Captain and The Kid. Il faut lutter chaque seconde pour résister à la pression de la vague de fans situés derrière nous et ne pas finir écrasés ! Chacun est prêt à tout pour obtenir son précieux autographe. Dans ces instants-là, il n’y a plus de civilité. Le fan cède à sa pulsion, son désir et ne se préoccupe plus de celui qui est devant ou à côté de lui. C’est en quelque sorte du «  chacun pour soi ! ». Elton ne pouvant pas satisfaire tout le monde (il doit surveiller sa montre !), il y a obligatoirement des déçus ; que l’on entend à leurs cris de désespoir lorsque Elton rejette le marqueur en coulisse.

Après s’être remis à son piano, il entame le bouquet final avec « Saturday Night Alright For Fighting où sera inclus un extrait de I’m Still Standing ». A la fin du titre, Elton fait venir sur le devant de la scène Ray Cooper et tous deux tombent dans les bras l’un de l’autre pour une empoignade, certes calculée, mais faisant plaisir à voir ! On entend par la même occasion, Ray adresser un «  merci beaucoup » à ceux qui peuvent l’entendre.

 

Un dernier remerciement à son public, durant lequel, notre amie Brigitte eut le privilège de recevoir un baiser de la main du Maître accompagné d’un « thank you » sincère pour avoir arboré un tee-shirt à la mémoire de Guy Babylon (il a dû être touché par la délicate attention notre Elton !) et il disparait définitivement dans les coulisses. Les lumières se rallumant et les quelques notes du final d’Aïda, témoignent que cette fois, le spectacle est terminé.

Sans plus attendre, la fourmilière des techniciens entre en action pour démonter la scène. Une dernière petite photo devant le piano avant que ce dernier ne soit délicatement démonté et rangé dans son fly de transport et nous sommes invités à quitter le plus rapidement possible les lieux ! Chacun repart les oreilles bourdonnant encore de l’intensité de ce qu’il vient de vivre. Pour un fan d’Elton, ce concert a une saveur particulière. Habitués à des set lists souvent peu variées, celle-ci dépassa nos espérances les plus folles. Combien de titres jamais entendus sur scène ? On ne les compte plus ! Elton (et Ray par la même occasion !) nous a fait un véritable cadeau ! Cet Elton là est aux antipodes de celui à strass, paillettes et autres exubérances du Red Piano. C’est un Elton qui s’est livré intimement à son public. Des titres comme Funeral for a Friend, Blessed, The Weight of the World, l’émotion palpable sur The Emperor’s New Clothes en témoignent.

Les percussions de Ray Cooper ont donné une tout autre dimension à la seconde moitié du concert. A ce titre, on se rend bien compte qu’une bonne chanson (et il y en a à foison dans l’œuvre eltonienne !) se suffit de quelques instruments simples et non de toute une armada de sons « trafiqués ». Des concerts comme celui-là, qui figurera sans nul doute dans les tops concerts de tout fan qui se respecte, on en est avide et jamais rassasié ! Oui, encore une fois ce soir, Elton et Ray, vous nous avez coupé le souffle !

A bientôt pour de nouvelles revues !

Christophe LETELLIER.

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LA SET LIST DU CONCERT ELTON SOLO :

The One / Sixty Years On / The Greatest Discovery / Border Song / The Ballad Of The Boy In The Red Shoes / The Emperor’s New Clothes / Rocket Man / The Weight Of The World / American Triangle / Skyline Pigeon / Nikita / Tiny Dancer / Original Sin / Your Song

ELTON AVEC RAY COOPER :

Funeral For A Friend / Tonight / Better Off Dead / Come Down In Time / Levon / Indian Sunset / I Think I’m Gonna Kill Myself / Daniel / Sorry Seems To Be The Hardest Word / Take Me To The Pilot / Carla - Etude / Blessed / Don’t Let The Sun Go Down On Me / Honky Cat / Crazy Water / Saturday Night’s Alright (For Fighting), inclus I’m Still Standing