ELTON JOHN AND RAY COOPER

29 SEPTEMBRE 2010

TOULON ( FRANCE)

 

LES SOIXANTENAIRES RUGISSANTS !!!

Il y a tout juste un an, à la même époque, Elton John et Ray Cooper entamaient une nouvelle tournée ensemble après quinze années de silence. Testée en Angleterre, en Italie mais surtout en France avec cinq dates, devant le succès rencontré, les deux compères décidèrent de poursuivre l’aventure en 2010, tout d’abord vers Honolulu en janvier, quelques mois plus tard en Afrique du Sud, de nouveau en Europe à la fin de l’été pour finir l’année en décembre. Le concert de ce soir a lieu au Zénith Omega de Toulon, situé juste derrière la gare S.N.C.F (pratique et limitant les frais de déplacement pour ceux qui ont choisi de s’y rendre par ce moyen de transport).

                                         

Doit-on y percevoir un signe lancé par je ne sais quel Dieu ou Muse de la musique mais ce concert s’annonce sous les meilleures auspices : le ciel est d’un beau bleu marine (rappelons que nous sommes à Toulon, ville de la Marine Nationale française), le soleil brille et chauffe à belle puissance pour cette époque de l’année et si ce n’est quelque commerçant aigri du port, tout semble être parfait !

                                                           

Afin de pouvoir profiter de la ville et des quelques amis fans avec lesquels nous aimons réellement nous retrouver, mes propres amis (Laurent B. et Brigitte JP) et moi-même avions décidé d’arriver assez tôt, vers la fin de la matinée. C’est au son des chansons du concert de Taormina ayant  eût lieu quelques jours plus tôt, sous des trombes d’eau, que nous avons tracé la route vers le Var, découvrant par là-même au passage quelques somptueux paysages dont regorge le territoire français !  

Quelques deux heures trente, pauses « techniques » et péages plus tard, nous arrivons, le cœur joyeux, à Toulon, direction la gare S.N.C.F. C’est là en effet que nous devons prendre contact et « récupérer » notre première amie Anna, venue tout spécialement de Barcelone en bus pendant la nuit à cause des grèves du trafic aérien en Espagne. Courageuse petite Anna, dont je fis la connaissance pour la première fois quelques minutes plus tard.

Un premier déjeuner ensemble et Floriane, une autre amie fan de longue date, venue de Nancy, vient se joindre à nous.

Le petit groupe ainsi formé, partira à la découverte de la ville (et de ses charmants concitoyens !) pendant l’après-midi. Le photographe que je suis par ailleurs (www.christopheletellierphotos.com), en profite pour enregistrer quelques clichés souvenir, imité par mes compagnons de route ! Sincèrement, nous passons tous je pense, une très agréable journée.

Vers 17 h 30, retour à la gare S.N.CF, afin récupérer notre ami Giorgio, qui rentrait sur Paris le matin même par avion de Malte (où Elton jouait dimanche) pour venir nous retrouver(en TGV cette fois) à Toulon en cette fin de journée.

Faisant un petit crochet par son hôtel pour y déposer ses affaires et prendre une petite douche récupératrice, il nous rejoint pour un petit diner, une nouvelle fois sympathique, dans une brasserie au coin de la rue. Le soleil brûle de ses derniers feux et nous prenons conscience, à la température qui a considérablement diminuée, que nous sommes en automne !

Il est aux environs de 19h15 lorsque nous prenons, enfin, la direction du Zénith.

Les années passant, Elton restant une méga star mais avouons-le beaucoup plus discrète sur le plan médiatique (si ce n’est les affiches 4m x 3m aux abords ; pas une seule repérée dans la ville et les environs ; tout juste en avais-je vu une à Manosque, lors mes vacances dans le Verdon), jouant dans des salles plus petites, l’attente devient moins longue avant de pouvoir pénétrer dans ces dernières.

Après une fouille sommaire (il est vrai qu’il devient inutile d’interdire les appareils photos ; avec le Net, désormais, de nombreuses images et vidéos circulent bien avant les concerts), nous pénétrons tranquillement dans l’enceinte du Zénith.

Marie-Christine, La grande fan parmi les fans ainsi nommée (son nombre de concerts assistés est impressionnant ; même chacun d’entre-nous ce soir cumulés nous n’arrivons pas à le dépasser !) vient enfin nous rejoindre, accompagnée de ses deux cousines, qu’elle entraîne pour la première fois dans l’aventure ! Comme une grande Prêtresse, nous emboitons le pas derrière elle pour pénétrer dans la salle du spectacle et rejoindre nos places ! Ces dernières sont idéales. Marie-Christine, ses cousines, Anna, Giorgio, Floriane sont au premier rang ; moi, Brigitte et Laurent, juste derrière. Nous sommes tous en face (ou légèrement sur la gauche comme il se doit pour bien voir le Maestro évoluer) du piano qui baigne dans une douce lumière bleutée, à cinq mètres maximum devant nous. La salle se remplit progressivement ; elle sera quasi pleine.

                                                

A peine ai-je le temps de faire constater à mon ami Laurent que l’heure fatidique venait de sonner à ma montre, que les lumières de la salle s’éteignent ! Quelques petites secondes de flottement puis commencent à retentir les premières notes de l’orchestra finale d’Aïda (je m’en félicite car lors de la dernière tournée, Elton apparaissait aussitôt la lumière éteinte ; je trouvais cette entrée trop rapide, il fallait faire monter la pression !). Vers la fin du morceau, une petite lumière vient rompre l’obscurité aux abords de l’escalier qui monte vers la scène. Dans la pénombre, je vois apparaitre le Maître, entouré de sa garde ! Un petit évènement tragico-comique, qui aurait pu avoir des conséquences pour la suite, survint : au moment d’enjamber la première marche, Elton manque de tomber, retenu aussitôt par un des membres réactif. Il se reprend et arrive enfin sur scène, sous les acclamations du public toulonnais ! Visiblement, cette montée d’adrénaline le perturba quelques instants car, au moment où il s’assoit sur son fauteuil, il souffle, il a besoin de reprendre ses esprits !

                                                         

Le concert débute avec Elton seul au piano, par The One. L’interprétation est classique, propre. Comme je viens de le supposer, il a besoin de se calmer. A la fin de la chanson, comme à l’accoutumée, Il se lève après un bonsoir de politesse et commence à scruter les premiers rangs. Son visage s’illumine lorsqu’il aperçoit Anna, Marie-Christine, Giorgio, … nous ? L’avons-nous définitivement rassuré ? Même si ce n’est pas le cas, cela fait du bien de le penser ! C’est çà être fan, comme le dirait si bien Pascal Obispo !

                                                   

                                                    

Il explique, dans un français de plus en plus approximatif, cherchant ses mots, qu’il y aura des chansons anciennes et des nouvelles (chouettes, au moins deux alors) et qu’il commence avec les chansons de l’album Elton John.

Sixty Years On sera d’actualité durant toute l’actuelle décennie. Je l’adore toujours autant car c’est véritablement avec ce morceau que ma vie de fan d’Elton John a débuté il y a vingt et un an de cela !

                                                         

Autre chef d’œuvre, The Greatest Discovery. Petite variation dans l’intro bien sympathique ( à voir dans les prochains concerts pour savoir si elle était prévue ou bien si Elton s’est quelque peu trompé et qu’il a rattrapé le coup avec tout le talent que l’on sait. En effet, au moment de la conclusion, il est reparti sur le thème habituel !

Border Song poursuit. Une nouvelle fois, très belle intro, enjouée, joyeuse ! Le reste est plus classique.

                                                      

                                                      

Pour annoncer « The Ballad Of The Boy In The Red Shoes » de l’album Songs From The West Coast, on se rend bien compte de ses difficultés avec notre langue. Cherchant trop ses mots, il capitulera et finira ses explications (sur la non réactivité du gouvernement Reagan dans les années 80 pour tout ce qui concerne le SIDA) en anglais. Contrairement à bien des titres, je préfère la version studio (ou avec le groupe) à la version piano solo. Elle ne me transporte pas !

Il continue avec un autre titre de SFTWC : The Emperor’s New Clothes. Là, au contraire, la version live surclasse la version studio, déjà bien efficace. Le petit pont au piano au milieu est somptueux, davantage réussi que celui de l’an passé pour mon opinion personnelle.

Je passe rapidement sur I Guess That's Why They Call It The Blues (au grand dam de mon amie Brigitte qui semble adorer ce morceau !).

                                                      

                                                         

Rocket Man est un incontournable. Toujours aussi sublime dans ses variations.

Vint enfin le moment de la première nouveauté. Il annonce qu’il a un nouvel album qui arrive en Octobre (çà, nous les fans, on le sait depuis le début de l’année !) et que la chanson s’appelle « You're Never Too Old ». Très beau titre, simple mais prenant. C’est le genre de titre que l’on n’aime pas nécessairement à la première écoute mais au fur et à mesure des écoutes.

Sur le morceau suivant Philadelphia Freedom, Elton réclame « un autre son » pour le piano à son ingénieur du son. Rappelons qu’Elton ne joue pas avec des pianos traditionnels mais avec des pianos comportant une partie synthétiseurs, ce qui explique les sons qui en sortent. Bon, moi, je préfèrerais qu’il joue avec un vrai piano comme jadis, dans les années 70. Interprétation dynamique, c’est un bon morceau de scène mais je n’en suis pas un fan.

Petite surprise avec le retour de Nikita. Il ne me semble pas qu’il l’ait joué sur les concerts précédents de la tournée. Le public l’aime bien au vu de ses clameurs.

La partie piano solo s’achève avec l’incontournable Your Song, une nouvelle fois sous les clameurs d’un public conquis !

Fin du premier Acte !

                                                           

                                                           

Elton entame le second Acte sur les premières notes de Funeral For A Friend. Toujours aussi magnifique. Ray Cooper fait son apparition sous les roulements des percussions. Acclamation du public qui pouvait légitimement se demander s’il allait finalement apparaitre car la première partie avec Elton en piano solo s’est étendue sur près d’une heure et demi. Avec l’entrée de Ray Cooper, on sent que le concert passe à la vitesse supérieure. Des morceaux plus rock, plus endiablés, plus rythmés ; histoire de réveiller celles ou ceux qui auraient pû s’assoupir pendant la première partie !

                                                     

Tonight est toujours aussi majestueux avec de si beaux sons de cloches (merci les « vrais instruments »). La cascade finale fait toujours merveille. Un des titres vraiment les plus aboutis du Maestro.

Après une brève présentation de Ray, les deux compères enchainent sur un titre de l’album Captain Fantastic And The Brown Dirt Cowboy  «  Better off Dead. Court morceau mais puissant, au niveau de la voix, du piano et les roulements de tambours de Ray font merveille !

Un Levon endiablé s’en suit. La conclusion est à n’en plus finir (comme ce sera le cas pour plusieurs autres morceaux).

Elton l’avait annoncé au début du concert, il y aurait des chansons nouvelles. Il tient parole et après You’re Never Too Old en première partie, il inclut un nouveau titre de l’album The Union avec Leon Russel, le magnifique Gone To Shiloh !

                                                 

Il y avait bien longtemps qu’Elton ne nous avait pas gratifiés d’une vraie intro au piano digne de Take Me To The Pilot en concert. Là, enfin, il ne se contente pas d’un ou deux petits accords, il y a un vrai développement musical. La mélodie est belle, accrocheuse (on la surprend à la fredonner rapidement) C’est un tube en puissance mais il est peu probable qu’elle sorte un jour en single pour le grand public ! Elton l’a annoncé, faire des singles n’est plus sa priorité, il veut se faire plaisir dans ses albums.

                                                 

Le titre est très bien accueilli, preuve s’il en était qu’il semble bien écrit !

A peine le temps de souffler que suit Indian Sunset ! Comme je l’avais dit l’an passé, ce titre ancien de l’album Madman Across The Water, est un vrai petit bijou. Avec les percussions de Ray, il en est encore plus percutant ! On a l’impression de se trouver sur des montagnes russes tant le rythme passe par des phases lentes à endiablées. J’adore et je ne suis pas le seul !

I Think I'm Gonna Kill Myself  est toujours efficace. Une chanson abordant la notion  de suicide, grave, magnifiquement détournée musicalement, par le Maître.

        

Petite retombée du rythme avec un titre qu’Elton annonce avoir écrit en France (au château d’Hérouville) : Daniel. Je l’ai probablement déjà dit à maintes reprises, titre trop souvent entendu ! Il pourrait être remplacé par un autre mais il faut penser au grand public !

Acclamation pour Sorry Seems to Be The Hardest Word, incontournable  lui aussi, surtout en France puisqu’il représente le premier grand succès d’Elton dans notre pays.

Avec Take Me To The Pilot, on croyait déjà avoir tout dit, tout entendu et pourtant, une nouvelle fois, il nous surprend. L’intro est magnifique, magique, les notes, les rythmes, les mélodies s’enlacent. On a parfois l’impression de se trouver dans un film. Je ne sais pas comment il fait. Quelques secondes auparavant, il envoie un baiser de la main à Anna, il s’assoit et c’est parti pendant près de 6 minutes 30 (uniquement pour l’intro !). C’est comme s’il ouvrait le robinet de l’inspiration. Quand il veut, aussi longtemps qu’il le veut ! Voilà pourquoi Elton est Elton ! Un génie tout simplement. La musique lui vient naturellement ! Il ne cherche pas ses notes, il parle musicalement avec son piano.

 

Don't Let The Sun Go Down On Me, parait presque désuet en comparaison avec ce que nous avons entendu quelques minutes auparavant.

A la fin de ce titre, il était convenu que nous nous ruions, comme à notre habitude, sur les devants de la scène ; ce que nous fîmes, bluffant la sécurité apathique. Bon, il est vrai qu’ils devaient eux aussi, avoir reçu la consigne.

Pour avoir perçu les désirs des uns et des autres fans, je savais où me diriger. Je me suis donc retrouvé idéalement placé pour voir Elton évoluer sur les derniers titres. Un rapide regard à gauche puis à droite et je perçois Anna sur ma gauche, Laurent à ma droite et Brigitte juste derrière moi. Parfait, tout le monde a trouve une place de qualité !

Comme toujours, le concert prend une dimension supplémentaire avec ce public qui peut enfin s’exprimer, chanter, danser. Il devient difficile de rester stable pour prendre une photo ou une vidéo mais avec obstination, on y parvient !

Bennie And The Jet déchaine les foules et un Crazy Water de folie finissent de mettre le feu aux poudres ! Elton s’éclate à son piano, Ray l’accompagne au mieux, nous, on est aux anges !

Cependant, les bonnes choses doivent inévitablement prendre fin. Après avoir demandé à Ray de le rejoindre, de lui avoir adressé une franche accolade, salués tous deux le public, Elton s’enfuit une première fois dans les coulisses. Il se fait attendre deux petites minutes avant de réapparaitre sous les acclamations du public.

Une séance d’autographes s'improvise sur le devant de la scène. Elton tente de satisfaire un maximum de personnes mais il y en aura toujours qui sortiront frustrés de ne pas avoir réussi à accrocher un petit autographe sur leur billet, leur programme, leur tee-shirt, leur casquette ou je ne sais quel autre objet parfois sans rapport !

Après avoir remercié chaleureusement Toulon , il entame un dernier Circle of Life associé à Can You Feel the Love Tonight. Il salue une dernière fois son public généreusement puis disparait dans les coulisses une seconde fois. LA lumière tarde à revenir, nous laissant espérer un second retour mais pour être franc, je n’y croyais pas trop parce qu’il n’est pas coutumier du fait ! Une petite lueur m’en apporta la confirmation : Elton, déjà revêtu de son survêtement bleu, prenait la direction de la sortie où un véhicule devait  l’attendre depuis quelques minutes, moteur en marche, à l’arrière de la scène !

Une fois disparu, les lumières de la salle se rallumèrent , en même temps que l’Orchestra Finale d’Aïda se fit de nouveau entendre. Fin du dernier acte !

Nous avons à peine le temps de récupérer nos esprits et nos affaires que les membres de la sécurité nous poussent vers la sortie, pour permettre aux  techniciens d’Elton de s’afférer au démontage de la scène. C’est un peu regrettable même si cela est compréhensible !

Une nouvelle fois, Elton nous a gratifiés d’un show à la hauteur de son talent, avec de nombreuses improvisations géniales. Oubliés les doutes d’un état maladif suite à l’annulation d’un concert quelques jours plus tôt en Italie, Elton était en super forme ce soir là. Et s’il a loupé une marche avant le début du concert, c’est pour mieux s’élever par la suite, musicalement parlant !

Elton est tout de même un sacré phénomène, il est unique.  Il est comme le bon vin, il se bonifie en prenant de l’âge ! Il a tout de même 63 ans, il produit plusieurs fois par semaines des shows de deux heures quarante-cinq minutes et le voir répéter  autant de belles prestations régulièrement, me fascine.  Le puits de son talent et de son énergie semble inépuisable !  Je ne peux qu’émettre des doutes vis-à-vis de Léon Russel et des quelques concerts qu’il doit donner avec Elton à l’occasion de la sortie du nouvel album. J’ai peur qu’il souffre de la comparaison ! Je souhaite qu’il me fasse mentir. Mes amies Anna et Marie-Christine qui auront la chance d’y être, nous raconteront certainement par ailleurs.

Une nouvelle fois, merci Elton et Ray pour le spectacle mais aussi un très grand merci à mes ami(e)s fans avec lesquels j’ai passé une journée merveilleuse, hors du temps ! Ne serait-ce que pour revivre sans cesse ces moments de partage, je continuerai à aller voir Elton.

A bientôt

Christophe Letellier

Site web : www.christopheletellierphotos.com

 

Set List du concert :

ELTON JOHN PIANO SOLO

The One / Sixty Years On

The Greatest Discovery /Border Song

Ballad of the Boy in the Red Shoes

The Emperor's New Clothes

I Guess That's Why They Call It The Blues

Rocket Man / You’ re Never Too Old

Philadelphia Freedom / Nikita

Your Song

ELTON JOHN ET RAY COOPER

Funeral for a Friend / Tonight

Better Off Dead / Levon

Gone To Shiloh / Indian Sunset (Lien 2) (Lien 3)

I Think I'm Gonna Kill Myself

Daniel / Sorry Seems To Be The Hardest Word

Take Me To The Pilot / Don't Let The Sun Go Down On Me

Bennie And The Jets (Lien 2, vue des gradins) / Crazy Water

Rappel :

Circle of life

Can you feel the love tonight