THE EUROPEAN PEACHTREE ROAD TOUR

 

Paris

 

Palais Omnisports de Paris Bercy

 

Mardi 24 mai 2005

 

 

ON THE (PEACHTREE) ROAD AGAIN !

 

 

 

Par Christophe Letellier

 

Quatre mois et un jour exactement après sa prestation en piano solo en faveur de la Fondation pour l’Enfance, qui marquait là le point de départ de ses concerts de l’année 2005, c’est une nouvelle fois en France qu’Elton nous donna rendez-vous pour débuter sa tournée européenne.

Deux lieux si proches mais des conditions tout à fait différentes cette fois : une ambiance particulière due au lieu à l’acoustique parfaite en janvier, le retour à une salle qu’il apprécie ( nous beaucoup moins ! ) mais qui est loin de rendre hommage à son talent par la dureté de son acoustique aujourd’hui !

Un concert très attendu par les fans car une nouvelle tournée avec un nouvel album est toujours un événement.

Qui plus est, les premiers échos de sa tournée américaine nous ont mis en effervescence ! Forcément, ce concert allait nous combler.

De plus, l’album a été très moyennement accueilli malgré sa qualité et nécessairement, Elton va certainement se démener pour faire taire ses détracteurs et prouver qu’il est encore sur la route à 58 ans passés !

Pour l’occasion, sous son insistance acharnée, ma petite fille Léa, six ans, fit le voyage avec moi. Un beau baptême pour son premier concert, n’est-ce pas ?

Arrivés vers 16 h 00 aux abords du Palais omnisports de Paris Bercy, le soleil n’était pas encore au rendez-vous mais ce n’était qu’une question de temps. Le soleil était déjà dans nos cœurs et la chaleur de l’excitation du concert brûlait dans nos veines. Rien ne pourrait plus entacher ce fabuleux événement qui se profilait à quelques heures de là.

Il fallut bien tuer le temps et Dieu sait combien chaque minute peut paraître une éternité lorsque l’on est si près du but.

Le temps de retrouver le petit groupe de fans assidus composé par Brigitte, Carole, Marie-Christine, Jonathan et quelques autres dont j’ai oublié le prénom ( j’espère qu’ils ne m’en tiendront pas trop rigueur ! ), de se raconter quelques anecdotes, de partager un petit repas d’avant concert et il est déjà 19 h 30, l’heure de s’approcher vers la salle du concert.

M’étant décidé un peu tardivement, nous devions être séparés le temps du show.

Ma petite Léa découvre, peu à peu, l’univers magique des grandes représentations !

Nous gagnâmes l’entrée principale où nous eûmes une petite surprise qui allait s’avérer positive. Les places qui nous avaient été attribuées étaient remises en cause à cause du décor d’arrière scène. Nous fûmes donc redirigés vers des places latérales, plus basses et dont l’angle de vision, s’il n’était pas idéal car nous allions être dos à Elton, permettait d’avoir un excellent regard sur le jeu de piano de ce dernier.

Il ne nous restait plus qu’à patienter encore quelques minutes en observant les aiguilles de la pendule située au plafond de la salle…

 

Il est 20 h 30 lorsque les lumières de la salle s’éteignent. Dans la pénombre, on distingue les silhouettes des  musiciens d’Elton, monter sur scène.

La lumière des projecteurs revient progressivement au son des premières notes de guitare de Davey Johnstone. Une longue intro pour faire monter la pression mais une chose est sure, contrairement aux set-list de la tournée américaine, Elton a modifié le programme pour sa tournée européenne.

Ainsi, on reconnaît très rapidement, un très puissant Bennie And The Jets, qui allait donner le ton à ce concert : très rock, très agressif au niveau sonore au point de saturer régulièrement (l’acoustique de cette salle n’est pas une des plus réputées, le son se réverbère un peu dans tous les sens du fait de la grande présence de métal, cela en devient presque désagréable).

Autre surprise, Elton surprend les habitués que nous sommes devenus, en entrant non pas du côté gauche de la scène comme à son habitude mais du côté droit, là encore de manière agressive en invectivant immédiatement la foule.

Vêtu d’une grande veste de couleur noire ( dont les motifs semblent identiques à ceux de celle de l’Opera), laissant entrevoir une grande chemise de soie bleue, un pantalon ample de couleur marron et chaussures noires, des petites lunettes teintées de la même couleur.

 Je ne sais pas si c’est le fait qu’il recommence ici sa tournée et que le public lui manquait mais on le sent très excité ! Il gagne rapidement son piano pour lui décharger l’adrénaline  qui coule à grands flots dans ses veines ! Dès le départ, la sono et nos oreilles sont soumises à rude épreuve.

Une très bonne interprétation. Ah, dommage qu’il ne puisse plus passer sous le piano comme d’antan sur ce titre !

Un rapide " Merci Paris " et nous voilà déjà sur Daniel. Très belle interprétation, meilleure que d’habitude me semble-t-il.

Nous sommes tout de même un peu déçus car toujours pas de titre de Peachtree Road.

Qu’à cela ne tienne, l’erreur est tout de suite réparée. Après quelques mots hésitants en français " Je suis très heureux de jouer encore ( un reproche ?) ici. Nous avons quelques surprises pour toi ; il se reprend pour vous ! La prochaine chanson est de l’album Peachtree Road : Turn The Lights Out When You Leave ". Nous avions eu la chance de découvrir ce titre en solo lors du dernier concert à l’Opéra Bastille, nous la découvrons maintenant dans sa version " normale ". Quelle superbe mélodie ! vraiment une de mes préférées de l’album. Le pont musical est très légèrement différent.

 

 

Pour suivre, deux grosses pointures des concerts eltoniens avec respectivement Take Me To The Pilot et Rocket Man. Que pourrions-nous dire encore sur ces titres ? C’est une nouvelle fois l ‘émerveillement ( renforcé par un jeu de lumière baignant la foule d’une multitude de taches du plus bel effet ), plus particulièrement encore sur Rocket Man. Si à l’accoutumée, nous pouvons découper cette interprétation en trois phases : une phase classique, une phase lente et une phase d’improvisation ; là, Elton nous a gratifié d’une seconde phase d’improvisation. Géant d’autant plus que Davey nous a gratifié d’un petit solo de guitare. La fin est géniale avec l’énumération anglaise des lettres de Rocket Man !

On se calme un petit peu avec un des rares moment mid tempo avec I Guess That Why They Call It The Blues et l’incontournable Sacrifice ! Une nouvelle fois, si Sacrifice semble à jamais devenu un incontournable en France ( le public s’enthousiasme une nouvelle fois !), I Guess That … ne me semble pas indispensable et aurait pu être remplacé par un nouveau titre de Peachtree Road.

Comme pour se faire pardonner, Elton nous fait un somptueux cadeau sous la forme d’Electricity de la comédie Musicale Billy Elliot. Il l’introduit par un petit " speech" dans sa langue maternelle.

Comme beaucoup, je ne l’avais pas encore entendu. Quel bonheur ce titre ! Du très grand Elton d’un point de vue mélodiste. Quel dommage que des titres comme celui-ci ( et bien d’autres ! ) vont une nouvelle fois, passer inaperçu chez nous, en France. Vivement la sortie du single ( en juin prochain ).

Elton enchaîne, sous une nouvelle clameur du public, par Sorry Seems To Be The Hardest Word. Magique !

Soudain, la salle est de nouveau plongée dans le noir. Non, ce n’est pas là, une malencontreuse rupture de courant mais l’annonce, au son du vent qui souffle maintenant dans la salle, l’intro de Funeral For A Friend/ Love Lies  Bleeding. Cela donne la curieuse impression que le concert débute à nouveau tant nous sommes habitués de voir commencer les shows eltoniens par ce géant.

Une nouvelle fois, çà déménage, tout particulièrement vers la fin où tous les instruments se déchaînent pour créer un tourbillon musical où nos oreilles en prennent un sérieux coup !

A la fin de ce titre, et alors que nous essayons de récupérer quelque peu, les chœurs " The Voice of Atlanta ", dans leurs grandes robes claires, montent sur scène, presque anonymement.

Les titres suivants vont prendre une ampleur différente.

Par leur arrivée, nous pensons naturellement, entendre des nouveaux titres de Peachtree Road. Eh bien non !, ce n’est pas encore pour tout de suite. Il faudra attendre le morceau suivant !

En attendant, c’est Philadelphia Freedom qui suit ! Comme je le disais plus haut, l’ajout des chœurs donne une autre dimension ! On peut voir les gens plus bas, s’en donner à cœur joie dans l’entonnage du refrain !

Enfin, Elton annonce trois chansons de Peachtree Road.

Pour débuter, ce sera All That I’m Allowed. Un titre qui passe bien sur scène, meilleur que la version studio. Le problème avec les nouveaux titres est qu’ils collent un peu trop cette version studio.

Elton se lance dans un petit discours ( toujours en anglais malheureusement !) pour annoncer Porch Swings In Tupelo. Vraiment une des meilleures chansons de l’album. Un pur régal d’émotion !

Puis, pour annoncer They Call Her The Cat, il affirme : " This is a song about sex change ", tout en ajoutant aussitôt, en français cette fois, " Pas pour moi " en lâchant un éclat de rire.

Là, c’est le genre de titre fait pour la scène, un peu comme Crocodile Rock. Un vrai régal !

 

C’est à ce moment qu’Elton choisi de présenter les membres composant le chœur, puis ses musiciens.

Puis, c’est au tour de Sad Songs de réintégrer la set list. Contrairement au titre, c’est une chanson qui met de bonne humeur. Très belle interprétation avec un petit pont musical bien sympathique encore une fois. Elton est très en forme !

S’en suivent Levon et Don’t Let The Sun Go Down On Me. Bon, entendu et réentendu !

Le feu d’artifice final est lancé avec I ‘m Still Standing, The Bitch Is Back et Saturday Night’s Alright For Fighting

Malheureusement, le premier est, contrairement à la version solo désormais nettement supérieure, sans surprise: bye, bye l’intro géniale !

The Bitch is Back est tonitruant, Elton ne tenant plus en place, monte sur son fauteuil, puis se couche sur le piano, et en redescend dans un petit sauté arrière que sa prise de poids ne nous espérait plus de voir. A 58 ans passés, chapeau !!!

                                        

Saturday Night’s Alright finit de mettre le feu aux poudres ! Une nouvelle fois ( la dernière !), nos oreilles vibrent !

Elton quitte la salle. Lorsque la foule s’en rend compte et que les lumières s’éteignent, c’est une bronca générale. Des gradins où je me situe, je peux ressentir les vibrations provoquées par les trépignements des pieds des spectateurs.

Elton ne tarde pas à revenir, comme chacun s’en doute maintenant, dans un petit survêtement boudinant de couleur noire ( il est très sombre en ce moment côté vestimentaire ! ), de même que les chaussures.

Il se lance dans l’exercice de signature d’autographes. Comme toujours, il ne pourra satisfaire tout le monde, moi le premier !

Il regagne son piano et après quelques derniers mots, classiques : " Merci Paris, je t’adore ", il entame successivement Candle In The Wind et Your Song, tous deux très applaudis.

Deux ou trois petits autographes supplémentaires pour les plus chanceux et Elton quitte définitivement la scène !

Voilà, les deux heures et demi d’un show intense prennent fin. Comme d’habitude, le temps s’est accéléré, au rythme des chansons parfois endiablées d’un monsieur qui décidément, est loin de faire son âge !

A l’heure de faire le bilan de la prestation de ce soir, plusieurs sentiments se chevauchent :

Tout d’abord, une petite (relative) déception. En effet, s’il a interprété quatre nouveaux titres  du nouvel album et nous a offert la primeur d’Electricity de Billy Elliot, nous sommes loin des huit ou neuf titres de la tournée américaine. La Set-List est bonne ( on s’en est assez plaint ces dernières années ! ) mais encore une fois, certains titres maintes fois entendus comme I Guess That Why They Call It The Blues, Sacrifice, Daniel, auraient pu être remplacés par My Elusive Drug,The Weight Of The World ou I Can’t Keep This From You.

Que dire de l’attitude d’un public irrespectueux de l’artiste, se permettant d’arriver en permanence jusqu’à une heure après le début du concert et qui, mis à part quelques fans bien peu nombreux ( merci monsieur Drouot pour les tarifs prohibitifs !), semblent complètement endormis ? On est à des années lumières de la chaleur de Nîmes ! çà me révolte !

Enfin, dernier reproche, le son, trop fort. Pourquoi ce déferlement de Watts inutile, qui finit par saturer et ne pas rendre à sa valeur, la qualité du jeu des musiciens ! On a tendance à confondre puissance et qualité sonore !

Mais côté positif, même s’il y a toujours aussi peu de décors, et même si je n’étais pas idéalement situé, nous avons pû noter une amélioration conséquente du jeu de lumière. Beaucoup d ‘effets, de séquences projetées, héritage logique de ses shows à Las Végas.

Puis, comme je l’ai signalé plus haut, je suis toujours étonné par la vitalité et la force de jeu de piano de ce " Grand Monsieur " .

Je ne sais pas combien de temps il pourra produire encore une telle intensité de jeu mais c’est un vrai régal de le voir s’amuser de la sorte ! Et pour nous, quel bonheur sans cesse renouvelé.

Tous ceux qui écrivent des insanités sur lui pour vendre leur papier, devraient venir à des soirées comme celles-ci et ils changeraient peut-être de point de vue !

Malgré toutes vos excentricités ( qui font aussi votre charme), mille respects monsieur Elton et il nous tarde déjà que vous nous donniez rendez-vous ! Puissiez vous encore rester longtemps sur la route pour nous combler de la sorte !

 

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La Set List du concert

 

Bennie and The Jets

Daniel

Turn The Lights Out When You Leave

Take Me To The Pilot

Rocket Man

I Guess That Why They Call It The Blues

Sacrifice

Electricity

Sorry Seems To Be The Hardest Word

Funeral For a Friend / Love Lies Bleeding

Are You Ready For Love

Philadelphia Freedom

All That I’m Allowed

Porch Swings In Tupelo

They Call Her The Cat

Sad Songs

Levon

Don’t Let The Sun Go Down On Me

I’m Still Standing

The Bitch Is Back

Saturday Night’s Alright For Fighting

***

Candle In The Wind

Your Song

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