Concert solo au Palais des festivals de Cannes le 15 décembre 2003

Par Madison :

Je vais essayer de vous raconter le concert d'hier soir. Voilà les premiers mots qui me sont sortis : Dès les premières notes, j'ai été enchantée, charmée, au sens magique du terme. Elton m'a cueillie sur mon siège et m'a entrainée haut, très haut, tout en haut, dans un espace féérique où n'existaient que son piano, ses doigts et sa voix. Tels des funambules,nous avons dansé sur un fil sans début ni fin. Ce n'est que deux heures quarante plus tard que je suis redescendue en douceur, de nuages de plumes en nuages de coton jusqu'à la terre.

Voilà, celà m'est venu du coeur, et aujourd'hui,  je vais tenter de vous détailler ma soirée. Nous avons pû rentrer vers 19 heures trente, des grappes de personnes attendaient déjà. Beaucoup d'anglais. A près avoir monté les célebres marches sur le tapis rouge, première vérification : les téléphones portables qui peuvent prendre des photos sont interdits. Deuxième vérification : ouverture des sacs. Troisième vérification : le détecteur de métaux. Ouf ! Je suis passée. La salle s'est remplie lentement, c'est dans le dernier quart d'heure que la plupart des personnes sont arrivées. Plus quelques uns en retard, comme à Bercy. Impardonnable ! Tout le monde était très élégant (nous sommes à Cannes), moyenne d'age 40 - 60 ans.

Pour la premiere fois, j'étais devant. Troisième rang un peu à droite. Je me suis approchée de la scène pour admirer son piano. Une merveille !. Les minutes lambinaient. Vers 20 heures 35, la musique a débuté et Elton est entré sur scène. J'ai été giflée d'émotion. C'est la première fois que je le voyais si près. Il dégage quelque chose. Il transpire la bonté, il illumine, il occupe tout l'espace. Il s'était vêtu "couleur locale", très élégant lui aussi. Pantalon noir, chemise noire, longue veste genre queue de pie avec une broderie d'aile d'oiseau dans le dos, chaussures noires et lunettes teintées. Tout son être exprimait une générosité paisible. Il s'est installé à son piano.J'étais juste en face de lui.Il a débuté par "your song", toujours aussi superbe. "Take me to the pilot" fut délirant. "Nikita" merveilleuse, je ne l'avais jamais entendue en solo. "Mona lisas", extraordinaire, "Rocket man" au piano est toujours succulent. Pour "Carla-étude tonight", j'avais du mal à contenir mon émotion". Crocodile rock" fut endiablé à souhait, "Honky cat" extra, "original sin", qu'il a présentée comme sa préférée sur son album, (je suis d'accord avec lui), très tendre.

Il y en eu bien d'autres, bien sur, et toutes interprétées avec une vie et un plaisir palpable. Je n'ai pas la liste exacte, car dans l'état où j'étais, j'aurais été incapable de noter quoi que ce soit. Sa set-list était sensiblement la même qu'à Nimes.

A Cannes, il n'y avait pas "d'atmosphère" comme à Nimes. Je veux dire que la salle était petite, pas spectaculaire comme les Arènes. Il n'y avait que les lumières qui créaient un peu une ambiance, mais tout juste. Il n'y avait pas d'orchestre avec lui, bien sur. C'est lui seul qui a su nous toucher si profondément, lui seul sans aucun support.

Il s'est souvent adressé à nous en français, et, pépites de chocolat sur le gâteau, il a même retiré ses lunettes à plusieurs reprises en venant saluer. Le public l'a abondamment applaudi, souvent debout. Cependant, leur enthousiasme était toujours dilué. Il a interprété sa dernière chanson en jogging, bien sur. Il a signé de nombreux autographes mais je n'ai pas pu avoir le mien, malheureusement. Ce sera pour la prochaine fois.

Voilà, je voudrais terminer avec une phrase que j'ai lue un jour :

"Ces intants-là ne sont jamais perdus. On peut y repenser et comme s'en nourrir".

Madyson.