THE ELTON JOHN SUMMER TOUR 2006

Palais des sports de Grenoble

 

Mercredi 14 juin 2006

 

ELTON DANS UNE FORME OLYMPIQUE !

 

Par Christophe Letellier

Grenoble, Chef-lieu de l’Isère, accueille ce soir notre chère star anglaise, pour un concert qui s’annonce comme le plus grand événement de l’année pour la ville et pour des milliers de fans français et étrangers (notamment, nos amis  suisses car la Suisse n’est pas très loin ).

En effet, il est fort probable que ce concert sera l’unique représentation du Maître sur le sol français en 2006 et le dernier avant un long break jusqu’en 2009 pour une ultime tournée mondiale !

Elton à bout de souffle ? Si chacun s’accorde à penser qu’un peu de repos pour recharger ses accus ( n’oublions pas qu’il va fêter l’an prochain ses 60 printemps ! ), il nous démontrera ce soir qu’il est encore en pleine forme sur scène !

Elton à Grenoble, c’est donc l’événement à ne pas rater !

La ville d’ailleurs, semble avoir mis les petits plats dans les grands. Impossible de ne pas trouver le Palais des Sports tant l’itinéraire est jalonné par des panonceaux cartonnés où est inscrit, en grosses lettres rouges : ELTON JOHN PALAIS DES SPORTS.

Si les affiches tant recherchées par les collectionneurs que nous sommes devenus ne sont pas légions, celle géante qui trône majestueusement au centre de la façade du palais des sports, est magnifique et fait de nombreux envieux ! Un premier choc visuel qui n’allait pas être le dernier !

                            

La température extérieure avoisine les 33°C à l’ombre. C’est dans ces moments là, que l’on apprécie d’avoir des places numérotées pour ne pas avoir à attendre des heures durant sous le soleil de plomb et risquer l’insolation qui nous priverait d’un spectacle nul doute lui aussi chaud et étincelant. Grenoble est encaissée dans la vallée et ceinturée par la chaîne des Alpes environnante. La chaleur s’en trouve donc piégée et ne peut donc s’échapper rapidement.

Un rapide tour des lieux en compagnie de Lolo et  Brigitte pour apercevoir tout un petit monde qui s’agite à l’arrière du palais des sports et nous avons nos premières craintes à la vue de la signalétique environnante interdisant strictement les appareils photographiques et les portables ! Qui plus est, ils n’ont pas l’air de plaisanter au niveau de la sécurité ! Bien heureusement, l’avenir nous révèlera qu’il ne s’agit que d’une formule d’usage puisque la fouille à l’entrée sera très sommaire.

Le temps de se restaurer quelque peu, à l’ombre des quelques bancs jalonnant le parc environnant, de retrouver quelques " vieilles " connaissances ( Floriane, Lionel, Yohan et pardon à ceux dont j’ai malheureusement oublié le prénom ! ) et les aiguilles du temps s’accélèrent ( elles vont encore accroître leur vitesse pendant le concert ! ). Il est déjà 19 h 30 ; l’heure pour nous de s’avancer vers les allées donnant accès à notre carré or ( bloc A pour mes amis et moi ! ).

Comme annonçé plus haut, la fouille s’annonce sommaire. Nous pénétrons ( enfin !) dans le Palais des sports. Là, nouveau choc visuel : la salle est spacieuse, les chaises confortables et partout, de la moquette rouge du plus bel effet recouvre le sol et les infrastructures.

Rappelons que le Palais des Sports possède une piste de vélodrome où se déroulent les six jours de Grenoble. La scène est installée en contre-bas de l’un des ovales.

Cela fait toujours un petit pincement au cœur lorsque nous approchons de celle-ci, et plus particulièrement encore, en passant devant le majestueux piano noir.

La salle se remplit rapidement. Elle sera comble à 20 h 28, moment précis où débutera le spectacle. Gare aux éventuels retardataires ! L’organisation avait prévu, quoi qu’il arrive, de fermer les portes à 20 h 30 précises. Un mal pour un bien. Il n’y a rien de plus agaçant et irrespectueux envers le ou les artistes, de voir arriver en permanence des spectateurs en cours de représentation.

20 h 28, les lumières de la salle s’estompent sous la clameur d’excitation du public.

L’intro de Bennie and The Jets, la même que celle de Bercy l’an passé, laisse sortir de l’ombre, tout d’abord les musiciens puis très rapidement en suivant, celui que tout le monde attendait avec impatience : Sir ELTON JOHN.

Vêtu d’une superbe tenue de scène noire, chemise de soie rouge et blanche, pantalon noir bordé d’un liseré rouge sur les flancs, de fines lunettes à verres teintés noirs, il salue, comme à son habitude, son public.

                    

Dès le départ, on se rend compte qu’Elton paraît être dans un grand jour. Souriant ; même l’intervention des techniciens dans les premières minutes pour remplacer un moniteur de retour défectueux, n’altèrera pas sa joie évidente d’être là, face à un nouveau public à conquérir. L’entreprise prendra quelque temps certes mais il y parviendra bien, rassurons-nous !

La première belle impro à la fin du morceau nous le confirme.

Il enchaîne immédiatement avec Philadelphia Freedom. Le ton est donné !

Dans un français apparemment plus balbutié qu’à l’accoutumée ( visiblement, il cherche ses mots et après plusieurs hésitations successives, il terminera dans sa langue maternelle), il annonce, ô très belle surprise Believe.

                     

Si ce morceau, figure habituellement sur la set-list des shows de Las Végas, il y a bien longtemps qu’il n’était pas apparu dans celles de ses concerts ( européens tout du moins). Dix ans déjà, au moment de la tournée du MADE IN ENGLAND TOUR.

Personnellement, je ne l’ai jamais encore entendue sur scène en 8 ans de concerts eltoniens.

Je me régale. Les basses, très intenses et profondes, résonnent dans la cage thoracique. Petite déception tout de même, la conclusion au piano, si belle lors de la tournée citée plus haut, est abandonnée. La  chanson est coupée nette. Dommage !

On revient à quelque chose de plus classique avec Daniel. Il est à noter toutefois, de nouveaux petits arrangements bien sympathiques !

Comme lors de la tournée de PEACHTREE ROAD, Rocket Man intervient très tôt dans la set list. Le Maître a eu le temps de s’échauffer sur les quatre premiers morceaux. Il se sent apte maintenant, à donner la pleine mesure de son talent ! Et quel talent !

 Pourtant, l’entreprise chaque fois renouvelée, est loin d’être évidente car son public ( encore plus ses fans) l’attend sur ce morceau ( comme Take Me To The Pilot). Il ne lui faut pas décevoir ! Quelle pression cela doit-il lui donner ? Visiblement, il aime çà ou il en a besoin !

Une nouvelle fois, pari réussi avec une multitude de variations vocales et pianistiques. Magnifique ! Premier temps fort de la soirée ; ce ne sera pas le dernier, pour notre plus grand plaisir.

                     

Plus classique mais incontournable : I Guess That Why They Call It The Blues ( peut-être veut-il faire plaisir à Davey, son guitariste, puisque celui-ci, rappelons-le, est co-auteur de ce titre !). Là encore, quelques petites variations de tonalités.

Pour annonçer le prochain titre : They Call Her The Cat (qui sera, ô immense déception, l’unique titre de PEACHTREE ROAD interprèté ce soir ; la somptueuse mélodie de Turn The Light Out When You Leave passera à la trappe ), Elton se lance, sans grande conviction et dans un français plus qu’hésitant. Il parviendra tout de même à faire passer le message qu’il s’agit d’une chanson d’un homme qui préfère vivre comme une femme !

Ce morceau, au même titre que Crocodile Rock, est fait pour la scène. C’est dynamique, enjoué, et les musiciens s’éclatent ( surtout Davey Johnstone ! ).

Autre titre qui revient dans la set-list avec le groupe : The One.

Pour l’occasion, mon ami Lolo a ressorti sa banderole de l’époque et portant la mention ELTON, YOU’RE THE ONE. Nous lui réservons la surprise de la lui brandir dès les dernières notes achevées. Ce qui fut fait !

                

Elton, la remarquant, nous adresse un amical " Thank You ", l’index pointé en notre direction. Cela lui a fait visiblement plaisir ( et nous aussi ! ).

                       

Peut-être pour nous remercier ( et pour remercier le public devenu plus chaleureux), il se lance sans hésiter, dans une étourdissante improvisation pianistique. Les fans que nous sommes savent que cet exercice est généralement réservé à Take Me To The Pilot. Cela sera  confirmé quelques trois à quatre minutes plus tard lorsqu’il prononce : «  If you feel… ».

Une nouvelle fois, il réussit à nous bluffer ! Nous qui croyions avoir déjà tout entendu sur ce titre, il trouve au fond de lui-même, à la demande comme si la source était inépuisable, des thèmes différents qui nous laissent incrédules. On ne peut qu’écouter religieusement et s’émerveiller ! Renversant !

A peine quelques petites secondes de répit ( le temps que la salle soit plongée dans le noir ) que les premières notes de Funeral For A Friend résonnent devant les images d’un ciel nuageux et tourmenté défilant sur les deux écrans latéraux.

Un incontournable qui fait cette fois la transition avec la seconde partie du concert, qui sera plus enlevée.

Je trouve personnellement dommage de le retrouver là car pour moi, il n’y a rien de mieux que débuter le concert par ce morceau, suivi comme son ombre par Love Lies Bleeding.

Comme d’habitude sur ces deux titres enchaînés, le volume sonore et son intensité vont crescendo, au point de saturer et d’approcher de la limite du supportable !

On reprend son souffle ( les oreilles bourdonnent et quelques instants de calme leur fera le plus grand bien !) avec la présentation des musiciens.

Elton, toujours d’excellente humeur, s’amuse beaucoup avec celle de Davey qui, de ce fait, esquisse à son tour, un franc et large sourire.

Le show reprend avec Tiny Dancer. Une nouvelle fois, on note quelques petites variations.

Puis vient I Want Love, une chanson visiblement chère à Elton.

Sur les écrans, les images de la scène alternent avec celles du clip. On peut noter d’ailleurs, fait remarquable, qu’Elton, en live, est synchrone avec les images. Comme il tourne le dos à ces écrans, il ne peut tricher. Grand coup de chapeau !!!

Pour continuer, deux incontournables encore vivement acclamés : Sorry Seems To Be The Hardest Word et Sacrifice.

Ce titre est le signal pour la grande ruée vers la scène. Pendant l’interprétation du titre, la sécurité est avertie et a pour consigne d’être vigilante mais ne doit pas empêcher ce qui doit arriver dans quelques secondes. D’ailleurs, aussi nombreux soient-ils, pourraient-ils arrêter une bande de fans, prêts à tout pour prendre d’assaut les abords de la scène et approcher ainsi au plus près leur idole ?

Comme prévu, la horde se rue sur les devants de la scène en quelques secondes ( au grand désespoir des spectateurs des premiers rangs et de ceux qui sont dans les gradins ).

Un nouveau show peut commencer !

Cela débute avec Are You Ready For Love, suivi de Crocodile Rock sur lequel Elton fait son show habituel en parcourant la scène pour invectiver la foule !

 

Les mains et les pieds s’agitent en tous sens. La chaleur de l’après-midi a rejoint la salle à en devenir suffoquant mais qu’importe, quel bonheur d’être là, à deux mètres de l’artiste, lui aussi pleinement heureux. Il regarde tantôt par-dessus ses petites lunettes, grimace, invective la foule !

Il laisse échapper un «  Thank you baby » en reconnaissant certains fans ( la gentille Marie-Christine et le géantissisme Olivier qui a connu son heure de gloire durant l’après-midi en étant interviewé et en  chantant devant les caméras de France 3 régional ! ). 

 

Le concert se poursuit avec I’m Still Standing.

Le feu d’artifice final est lancé avec The Bitch is Back et Saturday Night’s alright For Fighting.

Sur le premier, Elton monte sur son siège, lève le bras, en redescend par un petit saut vers l’arrière devenu maintenant célèbre. Très bonne interprétation qui fait danser le public !

Saturday Night’s Alright est dantesque ! Davey se permet une fantaisie qui aurait pu lui coûter cher si sa flamboyante chevelure s’était coincée dans le ventilateur placé dans le dos d’Elton !

Visiblement, il ne fait pas chaud que dans la salle !

A la fin de ce titre, Elton quitte la scène et malheureusement, cela nous fait comprendre que les bonnes choses ont une fin et que celle-ci est proche !

Il revient deux minutes plus tard mais, ô surprise, sans son petit survêtement boudinant ( bien que je l’ai trouvé plus affiné ! ) ; toujours dans sa tenue de scène.

Il traverse la scène et dans son retour, il signe de nombreux autographes. J’ai le bonheur de lui en arracher un ! Je suis heureux !

                                 

Il se réinstalle au piano pour interpréter Don’t Let The Sun Go Down On Me. La voix commence un peu à faiblir par instant mais comment peut-il en être autrement après tant d’intensité ?

Après avoir remercié Grenoble pour son soutien et le public d’une manière générale, pour l’amour qu’il lui donne depuis tant d’années, il se lance une dernière fois dans une interprétation toute nouvelle et très émouvante de Your Song. La seconde partie est de toute beauté. Elton monte et redescend sa voix. C’est magnifique ! Pouvait-on rêver mieux pour conclure la fête ?

                                   

Elton remercie une dernière fois puis, regagne les loges rapidement. Là, c’est vraiment fini ! Les lumières tardant à se rallumer poursuivent l’illusion mais nous savons bien qu’après Your Song, c’est bel et bien fini !

                            

Elton est reparti ; parti redonner du bonheur ailleurs, à un autre public qu’il enflammera à son tour.

Je ne sais pas si la couleur dominante de la salle l’a influencée ou si, tout simplement le bon air des Alpes l’a régénéré mais il a certainement donné un de ses concerts les plus inspirés de ces dernières années.

La set list s’est réduite pour ne pas dépasser les 2 h 15 ( du fait de son âge, il ne peut certainement plus assurer, régulièrement, davantage ) mais quand elle a cette qualité d’improvisation et cette densité, on oublie  presque qu’elle soit toujours la même !

Malheureusement, il faut revenir sur terre et l’amertume ( ou l’angoisse ) nous guette. En effet, contrairement aux fois précédentes, nous ne sommes pas assurés de le revoir de sitôt en France, ni même de le revoir dans un pessimisme extrême que je n’ose imaginer !

Si on en croit ses dires, il faudra certainement attendre 2009 pour une ultime tournée mondiale avant une retraite amplement méritée.

Un monde musical sans Elton, difficilement conçevable !

Le passé nous a appris qu’il fallait prendre ses déclarations avec réserve mais là, il semble que ce soit une décision mûrement réfléchie.

Allez, soyons optimistes ! Elton, quelle que soit ta décision, respectons-là. Après tout ce que tu nous as donné depuis bientôt quatre décennies et encore ce soir, on ne peut que te remercier pour tant de générosité et de bonheur apportés !

Merci encore pour cette magnifique soirée que tu nous as offerte et qui restera, sans nul doute, gravé à jamais dans la mémoire de tous ceux présents ce soir !

                                 

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La Set List du concert

Bennie and The Jets

Philadelphia Freedom

Believe

Daniel

Rocket Man

I Guess That Why They Call It The Blues

They Call Her The Cat

The One

Take Me To The Pilot

Funeral For A Friend

Love Lies Bleeding

Tiny Dancer

I Want Love

Sorry Seems To Be The Hardest Word

Sacrifice

Are You Ready For Love

Crocodile Rock

I’m Still Standing

The Bitch Is Back

Saturday Night’s Alright For Fighting

***

Don’t Let The Sun Go down On Me

Your Song

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Christophe Letellier

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